DARUKKHANDHA SUTTA

Darukkhandha Sutta – Le Tronçon de Bois

Le contexte

Une fois, le Bienheureux séjournait au pays de Kosambi, au bord de la rivière Gange. Là, il vit un tronçon de bois qui descendait le fleuve. Ayant aperçu ce morceau de bois, le Bienheureux s’adressa aux moines et dit :

« Ô moines, voyez-vous ce morceau de bois qui descend le Gange ? »

— Oui, Bienheureux, répondirent-ils.

L’enseignement par l’image

Alors le Bienheureux dit :

« Ô moines, si ce morceau de bois ne se jette pas contre cette rive, ni contre l’autre rive, s’il ne se noie pas au milieu du fleuve, s’il ne s’enfonce pas au fond de l’eau, s’il ne tombe pas dans les mains des humains ou des non-humains, s’il n’est pas pris dans un tourbillon, et s’il ne se décompose pas de l’intérieur, alors, ô moines, ce tronçon flottera jusqu’à l’océan. Car, en vérité, le Gange descend naturellement vers l’océan. »

« De même, ô moines, si vous ne vous attachez ni à cette rive ni à l’autre, si vous ne vous laissez pas entraîner par les désirs, si vous n’êtes pas engloutis par l’orgueil, si vous ne tombez pas dans les pièges des humains ni dans ceux des non-humains, si vous n’êtes pas happés par les plaisirs des sens et si vous ne vous corrompez pas intérieurement, alors vous vous dirigerez vers le Nirvāna. Car la sagesse véritable conduit naturellement vers le Nirvāna. »

La signification des symboles

Un moine demanda alors : « Ô Bienheureux, quelle est la signification de cette rive, de l’autre rive, du milieu du fleuve, du fond de l’eau, des mains des humains et des non-humains, du tourbillon et de la décomposition intérieure ? »

  • Cette rive : les six sphères sensorielles intérieures (l’œil, l’oreille, le nez, la langue, le corps et l’esprit).
  • L’autre rive : les six sphères sensorielles extérieures (formes visibles, sons, odeurs, goûts, objets tangibles et objets mentaux).
  • Le milieu du fleuve : l’avidité et le désir passionné.
  • Le fond de l’eau : l’orgueil et la fierté du soi.
  • Les mains des humains : l’attachement aux laïcs, partager leurs joies et leurs peines jusqu’à se laisser entraîner par eux.
  • Les mains des non-humains : l’aspiration à renaître parmi les dieux en recherchant des mérites pour obtenir un statut divin.
  • Le tourbillon : les cinq plaisirs des sens.
  • La décomposition intérieure : celui qui mène une vie non vertueuse, hypocrite, impure, tout en prétendant suivre la voie pure.

La conversion de Nanda

À ce moment-là, un vacher nommé Nanda, qui se tenait non loin, déclara :

« Ô Bienheureux, moi je ne me jetterai ni contre cette rive ni contre l’autre rive, je ne me noierai pas au milieu du fleuve, je ne tomberai pas dans les mains des humains ni des non-humains, je ne serai pas pris dans un tourbillon et je ne me décomposerai pas intérieurement. Ô Bienheureux, puis-je recevoir l’ordination mineure et l’ordination majeure auprès de vous ? »

Le Bienheureux répondit : « Ô Nanda, rends d’abord les vaches à leurs propriétaires. »
Nanda insista en disant que les vaches reviendraient d’elles-mêmes, attirées par leurs veaux. Mais le Bienheureux répéta : « Ô Nanda, rends les vaches à leurs propriétaires. »

Alors, Nanda remit les vaches à leurs maîtres, puis revint auprès du Bienheureux et demanda à nouveau son ordination. Le Bienheureux l’accepta, et Nanda reçut successivement l’ordination mineure puis majeure.

La réalisation de Nanda

Peu de temps après son ordination, demeurant seul, vigilant et ardent, Nanda atteignit rapidement le but ultime de la vie religieuse : la libération. Il comprit par lui-même : « La naissance est détruite, la conduite pure est accomplie, ce qui devait être fait est achevé, il n’y a plus rien à réaliser. »

Ainsi, Nanda rejoignit le nombre des Arahants.

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